Marie Madeleine Diallo se confie : « Lima doundu sama aduna nianu ma yalla mou…, J’ai Perdu ma mère et mon époux simultanément lolu boku na si lima… »

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Perdre sa mère et son époux simultanément, cela a dû être éprouvant pour vous…

Je l’ai vécu très difficilement. Lorsque ma mère est tombée malade, je l’ai ramenée chez moi. Elle y est restée pendant un an et demi avant de décéder. A côté, il y avait mon époux également alité. Tous les deux avaient besoin de ma présence, même s’il y avait des personnes intermédiaires, des membres de ma famille, qui m’aidaient à leur remonter le moral. J’ai vécu avec mon époux, depuis que j’ai 23 ans. Nous avons fait 43 ans de mariage, avant qu’il ne rende l’âme. Nous étions de grands amis et assez complicesLe jour de son décès, il m’a dit qu’il allait partir. Je lui ai demandé où ça ? Et il m’a alors répondu : «Tu as tout fait compris et il est temps que je parte. Je t’ai assez embêtée. Il faut que tu me laisse.» Je lui ai dit qu’il n’était pas question qu’il parte et qu’il fallait qu’il reste à mes côtés, car il est le seul que je connaisse et je vis avec lui depuis des années. J’étais toujours dans les hôpitaux soit avec lui, soit avec ma mère. Voilà pourquoi il m’était difficile de penser à moi ou à ma carrière. A un moment, j’étais complètement épuisée. Il a fallu que je me refasse une petite santé et que je m’occupe de moi. Certains ont même pensé que je n’étais plus de ce monde.

Il s’est dit que vous avez vécu une période dépressive. Est-ce la réalité ?

Non en aucun cas ! C’est juste que la période qui a suivi le décès de mon mari, je me suis un peu laissée aller. Lorsqu’il vivait, mon premier reflexe en me levant, était de me faire belle, de me tirer à quatre épingles. Quand il est parti, je ne portais même plus de boucles d’oreilles. Je me suis donnée corps et âmes à mon époux, maintenant qu’il n’est plus de ce monde, je me consacre au Bon Dieu pleinement. J’ai eu la chance d’aller à la Mecque en 1999 et depuis, je m’efforce de respecter les préceptes de ma religion. Mon mari me faisait d’ailleurs la remarque que j’avais changé et qu’il avait l’impression de vivre avec une autre personne, après mon retour des Lieux Saints.

Aujourd’hui, êtes-vous parvenue à faire le deuil ?

J’ai fait le deuil, malgré moi. Mais, devant la porte de ma chambre, il y a une photo de mon époux postée par ma fille, me disant de lui dire au revoir, quand je sors et de le saluer, à mon retour. Toutefois, on s’y fait surtout, lorsqu’on a la foi. On se dit que cela arrive à tout le monde, même si on ne connait ni l’heure ni le moment. La seule alternative, c’est prier pour le repos de leur âme. Depuis, je suis devenue plus pieuse, mes amis, mes enfants me reprochent de ne plus me séparer de mon chapelet.

Qu’est-ce qui vous a permis de tenir face à l’épreuve ?

Je suis très famille. J’entretiens des liens très étroits avec mes parents. Leur affection m’a permis de faire face à ces épreuves. Je suis aussi très affective. Il faut dire que j’ai toujours été comme ça. L’expression de mes sentiments tous les jours est quelque chose que j’ai toujours privilégiée, même dans mon ménage. Tout comme ma mère, j’ai toujours été Awo (première femme). Je l’ai été pendant 43 ans.

«Awo» pendant 43 ans jusqu’à ce que la mort vous sépare. Quel est votre secret ?

Ce n’est ni à travers les marabouts, ni aucune force occulte. Il faut avant tout, être là pour son conjoint et le cultiver. L’amour est le soubassement de toute union, donc il faut donner son maximum pour s’améliorer, tout en améliorant l’autre. Il est clair que les petites escapades ne peuvent manquer dans un couple, mais en ce qui me concerne, j’en faisais même une force. J’en discutais de vive voix, sans ambages, avec mon époux. Il s’étonnait à chaque fois que je sois au courant et me demandait comment j’avais fait. Toutefois pour moi, le plus important, c’était de connaître les raisons qui l’ont poussé à le faire. Nous en discutions et trouvions un terrain d’entente. Je pense qu’il faut prendre la vie avec légèreté, ne pas compliquer les choses ou rester là à chercher la petite bête. Le contraire creuse un fossé entre les conjoints et ne va rien arranger. C’est comme ça que certains passent à côté de leur amour, plutôt que de le vivre intensément. Quels que soient les problèmes qui jaillissent devant moi, je parviens toujours à les surmonter. En plus de cela, il faut perpétuellement se remettre en question. Cela va forcément porter ses fruits.

Ces jours-ci, nous avons assisté à une déferlante de violences dues justement à des problèmes liés aux ménages. Une femme a mis le feu à son appartement et son époux a succombé après avoir été grièvement brûlé, une autre a charcuté la femme que son mari s’apprêtait à épouser. Toutes les deux n’acceptaient pas d’avoir des coépouses. Que vous inspirent ces faits divers qui défraient la chronique ?

J’ai été estomaquée de savoir qu’on pouvait ne pas se contrôler, jusqu’à arriver à ces extrêmes-là. Cela est tout simplement regrettable. Quand on aime quelqu’un, on est forcément jaloux, mais il faut savoir se maîtriser. En Islam, on a donné la possibilité aux hommes d’épouser jusqu’à 4 femmes donc, quand cela se présente, il faut savoir l’accepter. Il faut communiquer, car c’est de la discussion que jaillit la lumière. On peut tout régler en jouant carte sur table. Quand la communication fait défaut dans un couple ou dans une famille, c’est la porte ouverte à l’échec. On se pourrit la vie pour rien. Je ne cautionne pas du tout ce qui s’est passé…

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